Le G8 d'Edimbourg passe à côté des véritables enjeux
Remettre en question la logique d'aide internationale
Huit chefs d'État fort respectables vont discuter des problèmes que cause la faiblesse du dollar américain et incidemment de l'aide
à l'Afrique et du protocole de Kyoto. Pourtant il y a des enjeux beaucoup plus importants qui peuvent se résumer à deux questions auxquelles doivent répondre les plus puissants leaders du monde. Comment assurer à chaque être humain ce que garantissent pourtant les conventions internationales ? Comment enclencher la mondialisation
de la redistribution des richesses en fonction des besoins fondamentaux ?
Le G8 se réunit annuellement pour définir des grandes orientations devant être appliquées au niveau de la planète. Or le G8 symbolise le grand problème planétaire : l'inégalité du partage des richesses. Avec 14% de la population, les pays du G8 produisent plus de la moitié de la richesse mondiale.
Par comparaison, l’Afrique subsaharienne, avec 11 % de la population de la planète, ne produit que 1 % de la richesse mondiale.
Le partage inégal de la richesse à l'échelle planétaire ne serait pas un problème en soi s'il n'était accompagné de manques dramatiques pour des millions d'êtres humains.
Besoins et droits fondamentaux de tout être humains
Dans un monde idéal, les ressources seraient redistribuées également entre tous les êtres humains, peu importe où ils vivent. Mais cela n'est ni réaliste, ni même nécessaire.
Pour John Baker du Equality Studies Centre and Department of Politics du Collège universitaire de Dublin, l'important est d'assurer une redistribution des ressources suffisante pour que les besoins fondamentaux de tout être humain soient comblés.
Simple non ? Pas vraiment. D'abord, il faut définir ce que sont les besoins fondamentaux, ensuite s'assurer que chaque être humain y ait droit, enfin faire en sorte que chaque pays ait les moyens de répondre à ces droits humains.
Avant de vous lancer dans cette tâche titanesque, sachez que plusieurs conventions internationales traitant des droits humains garantissent déjà à chacun le respect de conditions minimales : nourriture suffisante, santé, logement, éducation, liberté d'opinion et d'expression, sécurité sociale, sécurité de la personne, pour nommer les principaux.
Ajoutons que l'ensemble des droits économiques, sociaux et culturels participent à la reconnaissance de la dignité inhérente à tout être humain.
Mise en oeuvre de standards internationaux minimaux
Pour qu'une convention internationale puisse s'appliquer, le pays
concerné doit d'abord l'avoir signée et ratifiée. Ensuite, il doit
avoir modifié sa législation pour l'intégrer dans son droit interne.
Lorsqu'une convention internationale est endossée par une forte majorité de pays membres de l'ONU, on peut présumer qu'il y a là une reconnaissance implicite de standards internationaux minimaux.
Toute la difficulté est là. Plusieurs pays hésitent à intégrer dans leur propre législation des droits internationaux qui les obligeraient à mettre en application ce qu'ils ont pourtant bel et bien signé, voire même ratifié.
Le G8 a en main une clé maîtresse qui ouvrirait l'accès de tous les êtres humains aux conditions minimales que garantissent les conventions internationales : contribuer à la mise sur pied d'un mécanisme de redistribution de la richesse à l'échelle mondiale qui fasse en sorte que les États intègrent avec beaucoup moins d'hésitation les obligations découlant des conventions internationales portant sur les droits humains fondamentaux.
Bien sur, il faudrait aussi en venir à standardiser la fiscalité des États, ce qui n'est pas une mince tâche vu les nombreux vides juridiques de l'économie internationale.
Mais l'effort vaux d'être fait pour enfin passer d'une logique d'aide internationale à une logique de redistribution
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