Amir Attaran de l'Université d'Ottawa et 12 de ses collègues accusent la Banque mondiale d'exagérer le succès de son programme de lutte contre le paludisme (malaria), pire de financer des traitements obsolètes et en plus ne pas honorer ses engagements financiers. Rien de moins. La réponse de la Banque mondiale: Paul Wolfowitz s'est engagé personnellement à faire un succès de cette initiative.
C'est la BBC qui révèle cette charge à fond de train contre la Banque mondiale, citant au passage Attaran qui critique vertement l'institution financière: «Our investigations suggest that the bank wasted money and lives on ineffective medicines».
Le programme de lutte contre le paludisme de la Banque mondiale est qualifié de pure «battage publicitaire» de la part d'une organisation qui devrait laisser à d'autres, plus compétents, le soin de mettre sur pied de tels programmes et se contenter de les financer.
Qu'en est-il au juste des interventions de la Banque mondiale?
Il faut savoir que l'organisation que dirige Wolfovitz ne se contente pas de transférer des fonds depuis les pays donateurs vers les pays qui en ont besoin. Elle va plus loin en finançant des programmes en santé
ou autres qui mettent littéralement les gouvernements de ces pays sous tutelle internationale.
En lisant un texte de la Banque mondiale dans laquelle elle annonce une intensification de ses efforts contre le paludisme, on y apprend que celle-ci oriente très nettement les choix des pays où elle intervient et qu'elle travaille même directement avec le secteur privé.
« Le champ d’action des gouvernements est limité mais, comme dans tous les projets de la Banque, ce n’est pas parce que le champ d’action des gouvernements est limité qu’on va s’arrêter. Ce qu’on essaie de faire, c’est de trouver les moyens de dépasser leur champ d’action. »Vous savez comment s'appellent ces interventions impériales? Des Programmes renforcés. Bel euphémisme pour désigner des interventions imposées par les experts en santé de la Banque mondiale.
La Banque mondiale intensifie ses efforts contre le paludisme en Afrique.
On trouverait d'autres exemples tout aussi édifiant en éducation
et dans d'autres secteurs qui devraient relever de la souveraineté des États qui ont eu le malheur de tomber sous la coupe du système d'aide
internationaleLe problème, c'est que la Banque mondiale et le FMI ont imposé des coupures drastiques de dépenses publiques qui font en sorte qu'aujourd'hui «la plupart des gens se font traiter dans le secteur privé».
Certes, on peut toujours s'interroger sur l'efficacité des programmes publics avant la grande charcuterie des années 1990, mais aujourd'hui ce sont des programmes lourds et inefficaces dirigés depuis Washington qui les ont remplacés.
Ne vaudrait-il pas mieux cesser de traiter les pays «aidés» par la Banque mondiale comme des enfants incapables de faire leurs propres choix?
Ah oui, j'oubliais, Monsieur le président de la Banque mondiale tient personnellement à lutter contre la pauvreté
.Pauvres pays pauvres
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