Pauvres riches

Et si on mettait fin à l'aide internationale à la minorité des riches ?

Les riches sont de grands incompris. En réalité, il faut les voir pour ce qu'ils sont : une minorité qui se sent constamment menacée. Leur plus grande peur : que les Technorati cessent d'avoir peur du pire. Car la crainte du pire, c'est leur pain et leur beurre. Aux riches.

Deux chiffres révélateurs :

1 000 milliards par année pour l'armement
500 milliards par année pour les drogues et stupéfiants

Qui dira que la richesse des uns n'a rien à voir avec la misère des autres ? Posons la question autrement. Combien doit-on payer pour la modernité à l'échelle planétaire ? Mais avant tout, comment peut-on même oser appeler modernité une telle aberration ?

Pour Patrick Viveret qui cite dans son ouvrage Pourquoi ça ne va pas plus mal ? les chiffres sur l'armement, les drogues et les stupéfiants, ajoutant au passage que les dépenses en publicité sont de 500 milliards de dollars par année, seule une nouvelle approche de l'économie, plus sociale, plus juste et solidaire, peut contrer les inégalités de la Technorati. Certes, mais il faudrait commencer par une nouvelle approche du désir humain.

Avant lui, un homme remarquable avait magnifiquement résumé le dilemne du riche et du pauvre :

Il y a suffisamment de ressources pour répondre aux besoins de tous, mais pas assez pour satisfaire le désir de possession de chacun.

Gandhi
S'il n'y avait qu'un cadeau à faire à la pauvre minorité des riches, c'est cette pensée encadrée de Gandhi pour qu'ils la placent bien en vue au-dessus de leurs lits.

Le désir des uns fait le malheur des autres


Louis de Funès a eu cette réplique sans appel dans La Folie des grandeurs : « Les riches, c'est fait pour être très riches et les pauvres très pauvres » (cité par DH Net). Levez la main ceux qui ne désirent pas être riche. Levez la main ceux qui sont riches et ne désirent pas être très riches.

Je ne vois pas beaucoup de mains levées.

La richesse à l'infini, un désir humain ? N'est-elle pas plutôt une des plus tristes façons de chercher à atteindre le désir ultime, qu'Aristote nommait le souverain-bien, c'est-à-dire le bonheur ? Mais alors, quel est le prix du bonheur ?

Nommons les choses pour ce qu'elles sont : la richesse est la voie royale vers la puissance. Point. Prenons l'exemple Malien pour nous en convaincre s'il en était besoin.
« Le Malien définit, généralement, le mot pauvreté par l’impuissance, fangantan, en opposition à la puissance, fangama, qui permet d’accéder à la richesse. Celui qui acquiert la position enviable de faama a, néanmoins, l’obligation sociale de redistribuer ses ressources considérées comme un bien public, afin de gagner le prestige privé qui est attaché à la détention, nécessairement temporaire, du pouvoir richesse »

Hamidou Magassa. Éthique et pauvreté : l’exemple du Mali.
La pauvreté est un état de servitude dont tout Malien aspire à se libérer, pour accéder au pouvoir que procure le contrôle des richesses.

Que ce soit à l'échelle du village Malien ou à l'échelle planétaire, c'est quête de la fangama qui motive la quête de la richesse.

Et même le plus grand faama du monde sent le besoin de redistribuer une partie de sa richesse.

Le prestige a un prix quand on est riche.

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