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Un commerce qui fait reculer la santé

• Mardi 22/03/2005

La Technorati de l'humanité est malade. Doit-on la guérir avec des médicaments génériques ? La première étape vers toute guérison est de poser le bon diagnostic. Le médecin en chacun de nous a tendance à diagnostiquer un problème de déni du droit à la santé. Certes il y a déni de droit, mais le diagnostic, tel l'arbre qui cache la forêt, peut nous empêcher d'aller au-delà de l'évidence. Par exemple, s'offusquer trop vite que l'Inde recule sur les médicaments génériques.

Personne, à part un être borné, niera que de sérieux dénis de droits perpétuent dans les pays dits sous-développés des maladies que l'on pourrait prévenir et ramener à un taux de prévalence beaucoup plus faible.

Personne, à part un être borné, niera que des choix économiques, politiques, sociaux ou culturels imposés engendrent de la misère, que cette misère grandit au sein de millions d'êtres humains au point de devenir maladies physiques ou mentales, souvent les deux.

Personne, à part un être borné, niera que toute déclaration, traité, convention reconnaissant des droits humains ne vaux rien si elle ne s'accompagne de devoirs et de responsabilités d'humanité, que ces devoirs d'humanité ne sont pas tenus dans trop de régions du monde parce que la communauté internationale se ferme les yeux, se bouche les oreilles et parle dans le vide.

Dans le cas des médicaments, à moins d'être borné, reconnaissons que les considérations commerciales des Technorati priment nettement sur leurs devoirs et responsabilités d'humanité.

« Chaque année, les secteurs public et privé dépensent globalement au moins 70 milliards $US pour la recherche en santé, bien que moins de 10 % soient attribués aux conditions et maladies qui représentent 90 % du fardeau des maladies dans le monde », affirme Louis Currat, secrétaire exécutif du Forum mondial pour la recherche en santé.

John Eberlee, magazine électronique Explore du Centre de recherches pour le développement international.
Même chose dite autrement : « Les peuples (du 90%) sont pauvres, n'ont pas de pouvoir d'achat et par conséquent ne sont pas un marché lucratif. »

Avec cette perspective, bien que nous ne soyons pas bornés, cher lectorat, malgré notre envi de condamner le Parlement fédéral de l'Inde, de l'accuser de laisser tomber les plus pauvres parmi les Technorati, reconnaissons que l'on ne devrait pas faire reposer le fardeau de devoirs et responsabilités d'humanité sur un pays moins nanti, si grand soit-il, s'il devait ainsi renoncer à ce à quoi nous ne renonçons pas nous-mêmes.

C'est pourtant ce que Médecins sans frontières demande à l'Inde.

J'ai beaucoup de respect pour Médecins sans frontières, mais je crois que l'organisation fait erreur.

Sans l'excuser totalement, l'Inde n'est pas plus à blâmer que tous ces autres pays où la santé souffre de l'égonomie.

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Commentaires

Lien croisé par Anonyme le Samedi 16/04/2005 à 17:26

EQUITEL : " MSF tire à boulets rouges sur la décision prise par l'Inde d'arréter la production des médicaments génériques.Je trouve moi aussi que c'est catastrophique.Mais immédiatement après je me pose cette question :Pourquoi la France ne reprend t elle pas cette fabrication?Le marché est (malheureusement) énorme, nous avons le savoir faire, .... Michel en parle mieux que moi.Bruno"


Re: Lien croisé par michelmonette le Samedi 16/04/2005 à 22:17

Le premier objectif de toutes les politiques étrangères, sans exception, est de protéger les intérêts nationaux à l'étranger. La France a une industrie pharmaceutique prospère. Cette industrie repose en grande partie sur les médicaments d'origine. Ceci explique sans doute cela. Il faut lire Le Sida et les laboratoires pharmaceutiques de Marie Cramoysan et Clémence Gilles.

Une exception française : la Centrale Humanitaire Médico-Pharmaceutique qui tente de combler les besoins d'associations ayant les mêmes objectifs humanitaires qu'elle.

Il ya tout de même de l'espoir puisque tout pays au prise avec une grave crise de santé peut passe outre aux accords internationaux et produire des médicaments génériques. Le Brésil et divers pays d'Afrique ont d'ailleurs développé un modèle de coopération exemplaire qui permettra à ceux-ci de produire eux-mêmes des médicaments génériques antirétroviraux. Il y a aussi cet article du journal Le Monde qui présente le point de vue officiel de l'Inde. Je persiste à dire que MSF s'est trompé de cible.

Le problème est, selon moi, la baisse de la recherche financée par le public. On ne devrait pas laisser le privé s'enrichir avec la maladie. C'est d'une efficacité douteuse, c'est coûteux et c'est profondément immoral.


Lien croisé par Anonyme le Vendredi 09/09/2005 à 10:30

EQUITEL: Médicaments génériques : "MSF tire à boulets rouges sur la décision prise par l'Inde d'arréter la production des médicaments génériques.Je trouve moi aussi que c'est catastrophique.Mais immédiatement après je me pose cette question :Pourquoi la France ne reprend t elle pas cette fabrication?Le marché est (malheureusement) énorme, nous avons le savoir faire, .... Michel en parle mieux que moi.Bruno"



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