Chômage : d'abord désapprendre
Bonne nouvelle, dirait ironiquement l'économiste, l'économie va bien, le nombre de chômeurs augmente. Beau paradoxe !
Je sens son regard dubidatif, celui de l'économiste évidemment, se poser sur mon texte. Je ne demande pourtant qu'à comprendre. Je croyais que le but était de réduire le chômage.
À qui la faute ? Au « chômage structurel » ? Belle langue de bois qui laisse entendre, honte au chômeur, que la main d'oeuvre faiblement qualifiée mise à pied serait, étrangement, incapable d'apprendre un nouveau métier.
Et si c'était plutôt le phénomène de la file d'attente qui jouait ? Vous savez, quand vous voulez vous stationner dans un centre d'achat mais qu'une voiture arrive toujours avant la vôtre. Comme dans "Pas de chance, ils ont embauché à rabais quelqu'un de trop qualifié pour l'emploi".
Il y a aussi le zèle du voisin que l'on nous vante sur un air de reproche. Là, c'est la fable de la cigale et de la fourmi. Les pauvres Canadiens ayant chanté tout l'été...
Ainsi donc, il ne suffit pas d'être plus productif, encore faudrait-il sacrifier ses heures de loisir pour être plus compétitif. On s'arrête quand ? Après 40, après 45, après 50 heures par semaine ? Le travail
vampire, ça vous va ?
À moins de se résigner. Le chômage, ça serait naturel. Comme dans "Après la pluie, le beau temps". Il est vrai que depuis quelques années on se croirait en Angleterre... Même les partenariats public-privé, c'est là qu'on les a dédouanés.
Et si on essayait plutôt de répartir les heures de travail de sorte qu'il y ait moins de chômeurs ?
Il faudrait commencer par désapprendre la novalangue économique.
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Anonyme | Le Jeudi 08/12/2005 à 17:11 |