La prestigieuse revue The Economist révélait, il y a quelques semaines, que les emplois nouveaux occupés par des femmes ont davantage contribué à la croissance mondiale que la Chine en 2005. Le marché mondial de l'emploi se féminise rapidement, du moins dans les pays de l'OCDE. Ailleurs dans le monde, la scolarisation des filles est la voie la plus sûre vers la croissance économique.
S'il faut se réjouir de cette progression des femmes sur le marché du travail
dans le monde, il y a néammoins un gros bémol: les derniers chiffres du Bureau international du travail (BIT) démontrent qu'elles «continuent à être surreprésentées dans les bas salaires, les travaux à temps partiels et à faible productivité»
Le BIT constate même que
Dans de nombreuses régions telles que le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et l'Asie du Sud, le taux d'activité des femmes est encore à la traîne.Bref, oui il y a une montée de l'emploi féminin, mais l'écart entre les hommes et les femmes demeure encore très élevé.
BIT. La mondialisation échoue à créer de nouveaux emplois de qualité et à réduire la pauvreté.
Investir au féminin
The Economist recommande, à la blague souhaitons-le, aux parents qui continuent de préférer avoir des garçons, d'y réfléchir à deux fois plutôt qu'une: les filles sont un meilleur investissement.
Cette boutade comporte sa part de vérité: les pays en développement seraient bien avisés d'investir dans l'éducation
des filles : «Girls get better grades at school than boys, and in most developed countries more women than men go to university.»Comme le résume si bien le journaliste, le cerveau compte plus que les muscles au 21e siècle.
En terme économique, les femmes sont la ressource la plus sous-utilisée et pourraient résoudre bien des problèmes causés par le vieillissement de la population qui affectera autant les pays riches
que les autres dans les décennies à venir (ONU. Deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement).Que ceux qui croient que la présence accrue des femmes sur le marché du travail va accélérer encore davantage la dénatalité se ravisent: «Yet developed countries where more women work, such as Sweden and America, actually have higher birth rates than Japan and Italy, where women stay at home», souligne The Economist.
Les préjugés ont la vie tenace
Souvent, selon Unicef, ce sont des convictions culturelles qui tiennent les filles éloignées de l'école. Les préjugés sont si imprégnés dans les mentalités qu'ils ne sont pas perçus comme discriminatoires, mais plutôt comme des traditions.
Résultat: les deux tiers des analphabets dans le monde sont des femmes.
Pourtant, les Objectifs du Millénaire pour le développement traçaient la voie à d'importants changements en ne visant rien de moins que l'élimination des disparités entre les sexes dans l'éducation primaire et secondaire... pour l'année 2005.
On estime que moins de la moitié des pays ont atteint la parité garçons/filles.
Les différence entre continents sont énormes. En ce qui concerne l'éducation primaire et secondaire, l'Afrique a un retard considérable sur les autres continents. En Asie où la situation des filles est meilleure, l'Inde et le Pakistan accordent nettement moins d'importance à leur éducation. (ONU. Statistics and indicators on women and men).
Une vérité de La Palice
L'article du journal The economist sur la force économique des femmes qui entrent sur le marché du travail nous rappelle une grande vérité que la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes (Beijing, 1995) avait bien résumée :
«investing in formal and non-formal education and training for girls and women, with its exceptionally high social and economic return, has proved to be one of the best means of achieving sustainable development and economic growth»Éduquer plus de filles, c'est payant, mais il faudra aussi augmenter le nombre d'enseignants et surtout former tout ce beau monde.
Cité dans The World’s Women 2005: Progress in Statistics. Education and training. (Page 35)
Il est constamment démontré que les professeurs attendent moins des filles que des garçons, et leur demandent d'effectuer des travaux de nettoyage dans la salle de classe et parfois même chez eux.Encore aujourd'hui des millions de jeunes filles ne fréquentent pas l'école ou, si elles la fréquentent, ne se rendent pas au bout de leur capacité.
Instraw. Beijing à 10 ans: de la politique à la pratique. Page 16.
Quel gaspillage!
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Ce commentaire est en quelque sorte un banc d'essai. J'ai réussi à intégrer cocomment dans mon blogue. C'est un tout nouveau service tout à fait gratuit qui permet de suivre les «conversations». On verra bien ce que cela donnera ;-)