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Déséconomiciser les esprits
Pas facile par les temps qui courent, que dis-je qui galopent allègrement dans les prés idéologiques du néolibéralisme, de remettre en question la croissance économique. L'échec du communisme a laissé toute la place au sacro-saint marché libre. PC veut désormais dire Produire Consommer.
Sur la piste de danse du Bal capitaliste, l'ultralibéralisme rythme la cadence. Et elle s'accélère. Notre imaginaire collectif est imprégné du mythe voulant que plus égale mieux.
Résultat : on en oublie la différence entre une vie riche et une vie de riche.
Depuis plusieurs années le Réseau des Objecteurs de Croissance pour l’Après-Développement
- ROCAD réfléchit dans la quasi clandestinité à une autre société que
la société de marché. Le Réseau a décidé de se montrer au grand jour.
Que propose le ROCAD ? Rien de moins que la décroissance soutenable qu'il oppose au développement durable.
Dès 1991, l'économiste Roumain Nicholas Georgescu-Roegen - l'inspirateur de la décroissance - n'avait pas été tendre envers le développement durable
: There cannot be much doubt, sustainable developpement is one of the most toxic recipes.
Avons-nous le choix de prendre le chemin de la décroissance plutôt que celui du développement durable ?
Non répondirent en 2003 les Objecteurs de croissance lors d'un colloque de l'Institut d'études économiques et sociales pour la décroissance soutenable (IEESDS).
Avec d'autres, l'économiste Serge Latouche, membre du Mouvement Anti-Utilitariste dans les Sciences Sociales (MAUSS) y sonnait l'alarme. Au rythme où vont les choses, l'humanité fonce tout droit vers sa perte.
L'IEESDS n'épargne personne du côté de la croissance. Son Bêtisier du développement durable débute par cette citation de Michel Édouard Leclerc, tirée de la revue Le Nouvel économiste :
Le terme [DEVELOPPEMENT DURABLE] est tellement large, mis à toutes les sauces, qu¹à l'exemple de Monsieur Jourdain, tout le monde peut le revendiquer. Et puis, c'est vrai, c'est un concept à la mode. Tant dans le monde des entreprises que dans tout débat de société. Et alors ? De tout temps, les marchands ont su récupérer les bons slogans.L'amélioration du sort de l'humanité passe-t-elle par la modération, voire la frugalité ? En tout cas, elle passe certainement par la fin de la dictature de l'économie sur nos choix de société.
Ce qui est certain aussi, pour les partisans de la décroissance, c'est que le rythme actuel de production de biens et de services équivaut à l'épuisement programmé des ressources naturelles de la planète.
Pas étonnant que le développement
- au sens économique de croissance du PIB - soit inégal dans le monde. Les ressources naturelles sont limitées. Forcément une partie du monde doit être laissée pour compte.Alors, que diriez-vous d'une marche pour la décroissance ?
Et pourquoi pas des antipreneurs.
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