S'identifier - Contact

France et Europe disent oui !

• Lundi 30/05/2005

La question est sur toutes les lèvres de ceux qui ont suivi le débat. Maintenant que l'Europe s'enligne avec le camp du oui, que feront les Américains. Non, vous n'y êtes pas, je ne parlerai pas de ce débat-là, nous avons déjà assez du nôtre de ce côté-ci de l'Atlantique. Plutôt du débat sur le financement du Technorati.

Remarquez que je ne suis pas de ceux qui sont déçus du non de la France. Français et Européens doivent refaire leurs devoirs constitutionnels. C'est tout. Mais c'est beaucoup.

Trêve de paroles sibyllines, revenons à nos moutons. Ceux du Technorati que nous aimons bien, nous du Nord, tondre à notre façon. Payante pour nous évidemment.

Cinquante ans après l'espoir

En 1955, la Conférence de Bandung devait marquer le début d'une ère nouvelle. Pour la première fois, 29 chefs d'État se réunissaient sans la présence des anciennes puissances coloniales, ni des États-Unis.

Les nouveaux dirigeants du Sud entendaient se servir de la libération politique comme d'un tremplin vers la libération économique, sociale et culturelle.

Ces chefs d'État pleins d'espoir, mais néammoins divisés, partageaient des objectifs communs de modernisation de l'État et d’industrialisation de leurs sociétés.

deux visions les départageaient : il y avait celle majoritaire de ceux qui pensaient le développement possible dans l’interdépendance au sein de l’économie mondiale et celle des leaders communistes pour qui sortir du camp capitaliste conduirait à construire -avec, sinon derrière, l’URSS- un camp socialiste mondial.

Alternatives. Il y a 50 ans : la conférence de Bandung. Interview de Samir Amin.
Qu'en est-il aujourd'hui de l'espoir naissant parmi les anciennes colonies ?

La sortie du camp capitaliste a mené à un cul-de-sac ceux qui ont cru au collectivisme économique. Quand à ceux qui sont restés fidèles au capitalisme, ce fut pour mieux s'enfoncer dans l'endettement, sable mouvant au fond duquel gisent les squelettes de millions d'enfants, de femmes et d'hommes, innocentes victimes de magouilles et de théories économiques.

Le chemin vers l'achèvement de l'esprit de Bandung

Après la chûte du mur de Berlin et l'effondrement de l'URSS, la libéralisation des échanges et les principes de gestion économique et financière libéraux ont un temps ravivé les espoirs des pays du Sud. Vains espoirs pour des milliards d'êtres humains.
On observe un éclatement du Tiers monde avec l'émergence de certains pays dont l'Inde, la Chine, le Brésil, qui pèsent un poids démographique considérable, mais en même temps, une partie de l'Asie du Sud, des pays du Moyen-Orient, des pays émergents d'Amérique latine et de la quasi-totalité des pays d'Afrique subsaharienne sont en voie de marginalisation et décrochent des dynamiques mondiales.

Le FMI, la Banque mondiale et l'OMC : libéralisation, ajustement structurel et/ou développement ?
Il faut bien admettre que certains pays ont gagné leur pari et s'avancent résolument vers un avenir meilleur. De nouvelles alliances se sont créées autour de ces pays. L'esprit de Bandung revivrait-il ?
Harking back to the spirit of Bandung 1955, dignitaries were serenaded with traditional Indonesian tunes. Gathering at the birthplace of the NAM, representatives of more than 100 African and Asian countries ended the summit on Sunday with promises to boost economic relations and counter the threat of globalisation.

Gamal Nkrumah. Bandung Revisited. Al-Ahram.
Malgré la conclusion d'un nouveau partenariat stratégique Afrique-Asie à Bandung, la partie est loin d'être gagnée. L'Europe et l'Amérique doivent s'engager résolument en faveur d'un rééquilibrage des échanges économiques en faveur du Sud.

Un nombre imposant de pays sont toujours les perdants d'une Technorati nettement plus favorable aux pays de l'OCDE.

Quoique insuffisant, l'effort de l'Europe en faveur du développement la place dans le camp du oui, en tête des économies les plus riches.

Parent pauvre de l', les États-Unis, devraient rougir de honte.


À lire aussi


Commentaires

Fier de notre NON ! par Annie Stasse le Mercredi 01/06/2005 à 03:33

boule de neige qu'on dise oui ??? t'as un train de retard.

Nous avons dit non ! Tu le sais maintenant, il y a des médias dans ton coin. Mais les croit pas s'il te dise que c'est par égoïsme, vue étroite.

Non ce sont les classes laissées pour compte qui ont dit non. Et nous avons nos "élites".....mot tant décrié durant la campagne.
Elles se trouvent dans Attac, Copernic, les Amis du Monde Diplomatique, le Parti Socialiste (he oui yen a !) ou nulle part. ET ceux-là ne sont que Généreux (il y a même un qui justement porte bien ce nom).

Nous en avons assez des pauvres qui augmentent dans toute l'Europe (y compris chez les nouveaux arrivants), des chômeurs, des recul sociaux de toutes sortes.

Nous voudrions que les acquis sociaux de l'Europe de l'Ouest arrêtent de reculer. Et que l'Europe de l'Est puisse en bénéficier plutôt que d'avoir le choix entre dumping social et fiscal, puisqu'aucun budget ne leur est prévu, à contrario de ce qui a été fait pour l'Espagne, le Portugal et la Grèce.


Re: Fier de notre NON ! par michelmonette le Mercredi 01/06/2005 à 19:02

Je parlais du OUI à un effort supplémentaire en faveur du . Votre NON au référendum, je suis loin de le trouver négatif, comme je l'ai écrit dans le deuxième paragraphe. Un enrichissement qui comporte autant d'exclus est inadmissible. En passant, ATTAC est aussi au Québec. Je ne connaissais cependant pas Copernic que vous m'aurez permis de découvrir.

Le OUI de l'Europe à un plus grand financement du développement est déjà beaucoup comparé à ce que fait l'Amérique de Bush, mais il est encore trop timide.


Re: Re: Fier de notre NON ! par Annie Stasse le Jeudi 02/06/2005 à 02:19

Excuse-moi de t'avoir mal compris.
Quand tu parles "un plus grand financement du développement" tu parles des investissements? Effectivement en France aucun apport conséquent à des investissements de moyenne et longue durée. De même une autre chose qui change c'est l'épargne qui est importante. C'est l'esprit français "du bas de laine" du paysan. Et de mon point de vue il ne peut être qu'important au vue du risque chômage.


Re: Re: Re: Fier de notre NON ! par michelmonette le Jeudi 02/06/2005 à 07:26

Il y a deux mouvements qui commencent lentement à converger vers un investissement plus respectueux des êtres humains : l'investissement éthique et solidaire d'une part, l'épargne solidaire de l'autre. Du côté de l'investissement (actions, obligations), ce qu'il faut, c'est investir dans la solidarité. Du côté de l'épargne, il est tout à fait possible, tout en assurant nos arrières, de mettre une partie de notre épargne dans une institution qui va l'utiliser pour financer, par exemple, des projets d'achats équitables. En somme d'avoir des "bas de laine" solidaire.

Bref, on peut laisser les banques et les investisseurs institutionnels (caisses de retraite, mutuelles d'assurances et autres) décider, ou on peut exiger de celles-ci un comportement différent qui va être davantage créateur d'emplois correctement rémunérés partout dans le monde, France compris ;-)

Nous avons le pouvoir d'exiger, exigeons un investissement humainement rentable !


Re: Re: Re: Re: Fier de notre NON ! par Annie Stasse le Jeudi 02/06/2005 à 13:51

(ça devient un dialogue!)

Je vois que nous n'employons pas les mêmes mots en français de France et en français du Canada. Pour notre part, dans la tradition française les solidarités (chômage, santé, retraite, etc...) sont mutualisées. Un des problème que nous avons en ce moment est de les transformer en épargne obligatoire. Très différent. Nous n'en voulons pas d'où en partie notre NON.

Un des inconvénients de l'épargne obligatoire sont : les fonds de retraite, à l'anglo-saxon. Il y a parallèlement un mouvement pour "interesser" les salariés à leurs entreprises.

Dans les deux cas ils "forcent" les salariés à devenir actionnaire. Ils en espèrent une accalmie du salariat (qui forme 89 % des revenus des français).

Veulent-ils que les français deviennent schizophrène : d'un côté voulant + de profit en action et donc baisser les salaires, de l'autre augmenter les salaires et donc baisser les profits d'actions ?

PS - je vais copier coller notre dialogue que je trouve interessant pour mon site.


Re: Re: Re: Re: Re: Fier de notre NON ! par michelmonette le Jeudi 02/06/2005 à 23:44

Fort intéressant en effet comme dialogue. Je possède un régime de retraite par répartition, mais il est vrai que bon nombre de Québécois ont un régime par capitalisation. Mon régime est "déposé" à la Caisse de dépôt et placement du Québec qui l'investit dans l'économie du Québec. Notre caisse de chômage, pour sa part, est à Ottawa qui l'utilise abondamment pour réduire la dette fédérale. C'est d'ailleurs l'objet d'un intense débat, puisque la moitié seulement des cotisations retournent, dans les faits, aux chômeurs. Qui ramasse les pots cassés ? Le gouvernement du Québec qui doit prendre à sa charge ceux qui ne réussissent pas à avoir du chômage.

L'assurance-maladie est pour sa part de juridiction québécoise, tout comme l'assurance médicament, de même que l'assurance automobile pour l'indemnisation des victimes de la route. Tout cela relève de l'État. Le gouvernement québécois actuel a voulu réduire le rôle de l'État. Mal lui en pris. Nous n'avons jamais eu un gouvernement aussi bas dans les sondages. Les Québécois ont compris qu'ils n'avaient rien à gagner au désengagement de l'État, bien au contraire.

Il n'y a pas vraiment d'incitatifs de ce côté-ci de l'Atlantique pour que les travailleurs deviennent actionnaires de leur entreprise.

Petite précision, je suis Canadien par accident historique, mais profondément Québécois. Nous avons perdu deux référendums, mais nous n'avons pas dit notre dernier mot. Ceci dit, je n'ai rien contre les Canadiens.

Reste l'immense problème des pays dits sous-développés qui ont peu de revenus et par conséquent offrent peu de protection sociale à leurs populations. Je sais que quelques institutions financières en Europe offrent des possibilités à leurs clientèles d'épargner tout en investissant dans des entreprises situées dans des pays pauvres qui ont bien besoin de capital. Nous n'avons pas vraiment l'équivalent au Québec.





Re: Re: Re: Re: Re: Re: Fier de notre NON ! par Annie Stasse le Vendredi 03/06/2005 à 07:50

La Caisse des dépôts et placement du Québec ressemble fort à notre Caisse des Dépôts et Consignations totalement sous la maîtrise de l'Etat. Je crois que cette caisse à plus ou moins disparue. Mais n'a absolument pas le même usage.

Le déficit de notre régime social dont il est tant question actuellement (depuis les années 90, sous gouvernement social-libéral) en particulier en fait depuis que l'état a lâché du pouvoir économique et le laisse aux mains (trop pour certains, pas assez pour d'autres) du marché "libre et non faussé" !  que parait-il notre système coûte trop cher...Alors il nous faudrait ne plus avoir de protections sociales ? Comme je suis sûre que non et qu'ils voient pas plus loin que leur bout de nez, ils ne pensent pas que privatiser les cotisations sociales reviendraient beaucoup plus cher à tous car il faudrait bien que les salariés aient un revenu conséquent pour cotiser individuellement à des caisses qui dans ce cas demanderaient en plus un bénéfice.....

Le déficit est du en fait :
- au chomâge devenu endémique
- aux réductions de cotisations faites au patronat que l'état ne remboursent pas
- aux non versements des dettes (toujours) du patronat laissé en l'état !

Je constate avec plaisir que vous n'êtes pas si "américanisés" que je croyais dans votre système social.

Les gouvernements qui furent en majorités socialistes dans les années 90 et 2000 en Europe (Blair, Schroeder, Jospin, Zapattero...) ont tous pris un tournant appelés soio-libéraux. Ils se sont tous coupés de leur électorat. Ils ont tous voulu laisser le libéralisme prendre le pouvoir dans les choix de l'Europe.

Alors excusez-moi si je parle peu des pays sous-développés. Dans l'actualité immédiate mon regard est porté sur l'avenir de l'Europe. Europe modèle social pour la planète. Espoir pour les désespérés. Pour que les bombes humaines soient moins nombreuses, que les intégrismes régressent. Dans quelques mois, j'espère que nous aurons redonné une autre voie à travers cette nouvelle gauche qui est née dans cette campagne pour le non. Nous avons un tel travail à faire dans le Parti Socialiste français, de jointure avec les PS européens...Sinon.....mais continuons à espérer, rien n'est joué.

Le peuple de France vient de montrer à la fois son ras-le-bol et sa capacité à s'interesser à la politique, contrairement à ce que nos gouvernants pensaient.

A part ça mon premier acte militant fut sur les marchés parisiens en 64 de vente de "Le Courrier du Vietnam". Plus tard la Palestine, les kurdes, le Chili, et tellement d'autres.

Sur l'épargne des pays dits sous-développés, Je sais peu de chose. Je sais qu'il existe des prêts à taux 0 et très bas pour permettre une entreprise familiale. L'épargne destinée aux pays du tiers monde existe, mais est minime. Je ne crois pas à la suffisance de mobilisation individuelle, mais seulement collectif (incitatif d'état par exemple).

Je ne crois pas que la croissance 0 arrangerait la planète. Et bien sûr il s'agit simplement que cette croissance soit liée au confort de la personne et non à la consommation comme actuellement.



par michelmonette le Vendredi 03/06/2005 à 17:29

Nous sommes les irréductibles Québécois en Amérique du Nord ;-) Plus sérieusement, l'Europe sociale est vue d'ici comme un puissant contrepoids à l'approche néolibérale qui nous assaille de toute part.

En ce qui concerne le développement du monde non occidental, il passe forcément par un rééquilibrage des échanges commerciaux et le soutien des États pour qu'ils aient enfin les moyens de donner à leurs populations des services publics dignes de ce nom, notamment de bons systèmes de santé et d'éducation. Or le FMI et la Banque mondiale ont imposé des conditionnalités telles aux pays, pour leur prêter en plus de l'argent qui nous enrichit, que plusieurs sont devenus des déserts étatiques (j'exagère à peine).

L'Europe doit à la fois soutenir davantage l'effort mondial pour le développement et refuser de baisser les bras face à une certaine vision sociale-libérale. Je comprends que l'intégration de l'Est est déjà tout un défi en soi, mais il ne faudrait surtout pas que le sophisme économique ultralibéral des élites l'emporte sur la solidarité internationale.

Et si on mettait fin à l'aide internationale à la minorité des riches ?



Recherche


Archive : tous les articles

J'ai l'esprit large et je n'admets pas qu'on dise le contraire. Coluche.


flux RSS



Qui je suis

En ligne depuis le 24/10/2004.


Retrouvez l'auteur sur michelmonette.net

À voir : lacapitaleblogue.com

Share/Save/Bookmark



Nethique.info

Creative Commons License

Les textes de ce blogue sont mis à disposition sous contrat Creative Commons.