Un Américain payé au salaire minimum doit travailler toute une année, à temps complet, pour gagner ce qu'un grand patron se fait en un avant-midi. Pour la moitié de la population du monde, cela prendrait entre 18 ans... et l'éternité.
Selon les chiffres du Ecomomic Policy Institute, les grands patrons des entreprises américaines se font, en moyenne, 821 fois le revenu minimum dans ce pays.
Ça peut sembler beaucoup, mais il y a pire.
Si vous êtes le chanceux sur la Terre qui gagnez quotidiennement plus que la moitié de vos semblables, le taux horaire moyen des grands patrons américains fait tout de même autour de 15 000 fois votre taux horaire (en supposant, bien entendu, que vous ne travaillez que sept heures par jour).
Combien se fait ce chanceux? Réponse: 2$ par jour.
Les grands patrons américains sont les mêmes qui se débattent comme le diable dans l'eau bénite contre une hausse du salaire minimum dans leur pays.
Or leur taux horaire équivalait à un bien maigre 51 fois le salaire minimum aux États-Unis en 1965.
Quelqu'un peut m'expliquer comment il se fait que leur salaire soit passé de 51 à plus de 821 fois le salaire minimum, alors que toute hausse, si minime soit-elle, du salaire minimum aux États-Unis y entraînerait, selon le patronat de ce pays, une catastrophe économique?
Votre jupon dépasse, Messieurs les CEO.
Pendant ce temps, le spectre des bas salaires dans les pays en développement
est brandi bien haut par tous les chantres du néo-libéralisme économique pour conjurer toute tentative d'améliorer le sort des plus bas salariés américains.
Ce n'est pas le salaire minimum américain qu'il faut geler, ce sont les salaires minima ailleurs dans le monde qu'il faut établir ou hausser.
Pourquoi pas, comme les marins, un mécanisme qui permettrait de faire un bout de chemin vers un salaire minimum mondial?
L'idée vous semble complètement farfelue? Vous êtes de ceux qui croient que moins l'État en fait, mieux les individus et l'économie s'en portent?
Désolé d'interrompre votre rhétorique sur les bienfaits d'une économie libérée des chaînes de l'État, mais pendant que vous causez, les inégalités continuent de s'accroître entre les pays et à l'intérieur des pays.
En effet, les hauts dirigeants d'entreprises s'enrichissent pendant que les pauvres et la classe moyenne... n'arrivent pas, ou tout juste pour certains, à maintenir leur pouvoir d'achat.
Elle est belle, la «révolution» entamée par Margaret Thatcher et Ronald Reagan.
Enrichissez-vous, enrichissez-vous, il n'en demeurera pas moins que
The more we take, the less we become.
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