Le Sommet mondial sur la société de l’information s’est ouvert aujourd’hui dans un pays qui fait tout pour contrôler les communications sur le réseau des réseaux. Quel paradoxe ! Yezzi.org a organisé une manifestation permanente sur son site pour protester en ligne contre le régime dictatorial tunisien, « à défaut de pouvoir manifester physiquement au sein des espaces publics tunisiens. »
De 50 aux débuts, les cyber manifestants de Yezzi.org ont triplé depuis, selon Tunophile (un pseudonyme).
Comme celle du monde réel, la police informatique est très présente à Tunis. Une véritable bataille rangée s’y déroule pour interdire ou retrouver l’accès à Internet.
Cette cyberpolice
est plus efficace que jamais, selon Alternatives. Ainsi, elle n’aura mis que 18 heures pour
interdire en Tunisie l’accès à Yezzi.org, lancé le 3 octobre dernier.
« On avoue que cette fois-ci, ils ont réussi à nous étonner tant ils
ont été rapides. Par la même occasion, sauf erreur de notre part, il
n’est pas exagéré d’affirmer que ce délai de 18 heures semble battre
tous les records dans la rapidité de l’intervention de la censure
tunisienne », peut-on lire sur le site de Yezzi.org.
Dans une entrevue accordée en 2001 et que reprend l’émission Sans Frontières de Radio-Canada, Moncef Marzouki, de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, raconte comment les internautes Tunisiens s’échangeaient des adresses de proxy pour contourner le blocage des sites interdits.
Deux ans plus tard, Vétité-action.org révélait que « d’après nos sources en Tunisie, le régime s’est doté de moyens plus sophistiqués qui ont permis de rendre difficile le recours à ces adresses proxy. »
La rapidité d’action contre Yezzi.org démontre que c’est effectivement le cas.
Pendant ce temps dans le monde physique, l’envoyé spécial en Tunisie de Libération, Christophe Boltansky, est sauvagement agressé à tunis, sous les yeux de la police affirme-t-il.
Ligue
tunisienne des droits de l’Homme, Syndicat des journalistes tunisiens,
la liste des associations qui se voient refusées de tenir des
rencontres s’allonge en Tunisie. Même l’Association des magistrats
tunisiens se retrouve dans la ligne de mire des autorités tunisiennes.
L’objectif principal du Sommet est de réduire la fracture numérique entre les pays riches et les pays pauvres.
Ironiquement,
les passages du Sommet télédiffusés en Tunisie où des orateurs
faisaient mention de l’importance de la liberté
sur Internet ont été
coupés, rapporte Christophe Alix, l’envoyé spécial suppléant de
Libération.
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WSIS WIRE - the latest news on the World Summit on the Information Society : "Manifestation virtuelle permanente au Sommet mondial de l’informationThu 17 Nov 2005 - BS - Blogue social "